Vin de Castillon Côtes de Bordeaux | Château Terrasson

Castillon est une appellation en pleine ascension, portée par un terroir calcaire d’exception, une nouvelle génération de vignerons ambitieux et des investisseurs prestigieux venus de Saint-Émilion. Ses vins rouges offrent un rapport qualité-prix imbattable, Castillon s’impose comme l’une des destinations incontournables pour qui cherche à découvrir l'âme de la Rive Droite bordelaise.

Au cœur de cette dynamique, la famille Standley au Château Terrasson cultive sa différence sur les hauteurs de l'appellation, alliant fraîcheur, authenticité et respect du vivant.

 

Sommaire


Histoire

Les origines romaines

La vigne est présente à Castillon dès le Ier siècle : à quelques kilomètres de Castillon-la-Bataille, la villa gallo-romaine de Montcaret (occupée du Ier au VIe siècle) a livré des preuves directes d'une activité viticole à l'époque romaine :

  • Deux bassins carrés (1,54 m de côté, profonds d'un mètre) avec sol dallé et cuvette de vidange centrale ont été découverts en 1936.
  • Des découvertes similaires en Gironde vers 1957 ont permis à l'archéologue Jacques Coupry de les identifier comme des cuves viticoles servant au foulage du moût de raisin.
  • Ces cuves pourraient faire partie des dépendances agricoles de la villa.

Référence :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Villa_gallo-romaine_de_Montcaret

 

L'essor médiéval du vignoble de Castillon

Le déclencheur : l'union anglo-gasconne (1152)

Le véritable essor viticole de Castillon commence au Moyen Âge, et plus précisément avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri Plantagenêt en 1152. Par cette union, l'Aquitaine devient une province anglaise, ouvrant un marché considérable pour les vins de la région.

 

Castillon, ville portuaire et forteresse

Une position stratégique sur la Dordogne

Profitant de cette dynamique commerciale, Castillon devient une véritable ville portuaire. Une importante forteresse est édifiée sur les bords de la Dordogne pour protéger ce trafic. Les chemins de halage et les gabarres permettent l'exportation des vins de Castillon aussi bien vers l'Angleterre que vers la Hollande.

La Dordogne constitue alors une voie commerciale majeure, et Castillon, situé en amont de Libourne, participe activement à ce grand mouvement d'exportation.
 

L’œnologue et écrivain bordelais Bernard Ginestet rapporte qu'au XIIIème siècle :

« Ces vins étaient fort estimés et se chargeaient par cargaisons entières à destination de l'Angleterre. Ils se distribuaient aussi localement au détail et constituaient la consommation de luxe de l'aristocratie bordelaise, alors que le vignoble médocain n'existait pour ainsi dire pas. »

Ce témoignage est révélateur : à une époque où le Médoc n'était encore que marais et landes, les coteaux de Castillon produisaient déjà des vins réputés, destinés à l'export et à la consommation aristocratique.

 

Le contexte régional : la fièvre viticole du XIIIème siècle

Le « beau XIIIème siècle »

L'essor de Castillon s'inscrit dans un mouvement plus large : la fièvre viticole qui gagne l'ensemble du bassin aquitain au XIIIème siècle. Toutes les villes portuaires de la Dordogne et de la Garonne développent leur vignoble pour capter une part du lucratif marché anglais.

 
La concurrence de Libourne

Vers 1260, la création de la bastide de Libourne par le roi-duc modifie quelque peu la donne. Libourne devient rapidement « le plus grand port et havre dudit pays », un port d'étape où sont prélevées les coutumes sur l'ensemble du trafic de la Dordogne.

Cette concurrence n'empêche pas Castillon de continuer à prospérer, mais elle redirige une partie du commerce vers cette nouvelle ville située en aval.

 

Les vicomtes de Castillon et le poids politique local

Au Moyen Âge, les vicomtes de Castillon sont des personnages puissants qui ont un poids politique très important dans la région. Leur château-fort, dont les premières constructions remontent au XIIème siècle, domine la vallée de la Dordogne et témoigne de la richesse générée par ce commerce viticole.

Le vignoble castillonnais est ainsi étroitement lié à l'histoire politique et militaire de la région.

 

La fin d'un âge d'or : la guerre de Cent Ans

Les luttes d'influence (XIVème–XVème siècles)

Tout au long des XIVème et XVème siècles, les luttes d'influences entre Français, Anglo-aquitains et seigneurs locaux ont des conséquences catastrophiques pour le vignoble. Les opérations militaires, les pillages et les destructions marquent cette période troublée.

 

La bataille de Castillon (1453)

Le 17 juillet 1453, la célèbre bataille de Castillon met fin à la Guerre de Cent Ans. Le général anglais Talbot y trouve la mort, et Charles VII reconquiert l'Aquitaine.

Cette victoire française a un effet immédiat et brutal sur le commerce viticole : Bordeaux est brusquement privé de son débouché commercial vers l'Angleterre. Le vignoble de Castillon, qui vivait en grande partie de l'exportation outre-Manche, subit un coup d'arrêt majeur.

 

Le démantèlement du château (XVIIème siècle)

Le symbole de cette puissance médiévale disparaît au XVIIème siècle : le château de Castillon est démantelé sur ordre de Richelieu, mettant fin à l'ère des fortifications qui avaient protégé la ville portuaire et son commerce viticole pendant plusieurs siècles. 

Références :
- Vignobles et vins d’Aquitaine au Moyen Âge (Sandrine Lavaud), le 1er mars 2013 : https://preo.ube.fr/territoiresduvin/index.php?id=782

 

L'évolution des dénominations

Jusqu'au début XXème siècle : « Près Saint-Émilion »

Jusqu'au début du XXème siècle, les vins produits à Castillon étaient commercialisés sous le nom de « Près Saint-Émilion » ou « Saint Émilionnais ». Ce n'était pas une appellation d'origine contrôlée au sens moderne — le concept n'existait pas encore — mais une dénomination commerciale et géographique. Elle traduisait la réalité géologique et qualitative : les vins de Castillon partagent le même plateau calcaire que Saint-Émilion. Les guides des vins Cocks & Féret au XIXème siècle (1850 - 1868 - 1874 - 1881…) classaient les vins de Castillon dans la catégorie « Saint Émilionnais » et soulignaient leurs « analogies » avec les crus de Saint-Émilion.

Le 26 février 1923, un arrêt de la Cour d'appel de Bordeaux interdit strictement aux viticulteurs de la zone de Castillon d'utiliser les mentions « près Saint-Émilion » ou « Saint-Émilionnais ». Cette décision de jurisprudence pousse les viticulteurs castillonnais à structurer leur propre identité viticole

Référence :
- Travail d’étude et de recherche de Géographie, Université Michel de Montaigne Bordeaux III, U.F.R. de Géographie : « Territorialités à Puisseguin et Monbadon, Fusion de communes, A.O.C. viticoles et Représentations. »Présenté par Alexandre GRELIER, Préparé sous la direction de Monsieur Jean-Claude Hinnewinkel / Année universitaire 2000-2001 : https://www.yumpu.com/fr/document/view/7446554/grelier-puisseguin-et-monbadonpdf-msha

 

1935 : « Bordeaux Supérieur Côtes de Castillon »

En 1935, avec la création officielle des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) et la création du Syndicat Viticole des Côtes de Castillon, les vins issus de ce terroir étaient alors classés en « Bordeaux Supérieur Côtes de Castillon ».

 

1955 : « Bordeaux-Côtes de Castillon »

Le 15 juillet 1955, les vins de Castillon ont été reconnus sous le nom de « Bordeaux-Côtes de Castillon », mais uniquement comme une dénomination géographique au sein de l'appellation Bordeaux. Cela signifie qu'ils bénéficiaient d'une mention de provenance, mais restaient subordonnés à l'appellation générique « Bordeaux ». Ils n'avaient pas encore de cahier des charges propres ni de reconnaissance autonome en tant qu'AOC à part entière.

 

1989 : « Côtes de Castillon »

Élévation au rang d'appellation d'origine contrôlée (AOC) à part entière. Ce raccourcissement a permis de conférer à l'appellation une identité propre beaucoup plus affirmée, soulignant son ancrage de terroir spécifique.

 

2009 : « Castillon Côtes de Bordeaux »

Les Côtes de Castillon s’allient à d’autres Côtes bordelaises et officialisent la nouvelle Appellation d’Origine Protégée (AOP) « Côtes de Bordeaux » tout en préservant l’identité spécifique de chacune des Côtes.

 

Géologie & Pédologie

Le plus grand plateau calcaire de la Rive Droite

Dans un paysage de vallons et de coteaux orientés plein sud, avec des altitudes dépassant par endroits les 100 mètres (et chez nous, à Terrasson : 105 m), l'appellation Castillon Côtes de Bordeaux s'étend sur 9 communes : Belvès-de-Castillon, Castillon-la-Bataille, Gardegan-et-Tourtirac, Les Salles-de-Castillon, la partie de la commune de Puisseguin correspondant au territoire de Monbadon avant sa fusion avec celle-ci au 1er janvier 1989, Sainte-Colombe, Saint-Genès-de-Castillon, Saint-Magne-de-Castillon et Saint-Philippe-d’Aiguille.

Découvrez les vignes de Terrasson situées au nord de ce grand plateau, sur les communes de Monbadon (Puisseguin) et Saint Philippe.

 

Trois grands types de terroirs

PositionType de solCaractéristiques
Plaine alluviale de la DordogneSablo-graveleuxLégèreté, fruit, bon drainage
Pied de coteaux (coteaux molassiques)Argileux / argilo-limoneuxFraîcheur, structure
Plateaux calcaires et buttes témoinArgilo-calcaire → calcaireFinesse, profondeur, minéralité

Les plateaux reposent sur du calcaire à astéries (la même formation géologique que celle de St Émilion). Et sous le calcaire, on retrouve les molasses du Fronsadais, favorisant l'encaissement du réseau hydrographique et la construction de reliefs viticoles bien marqués.

Les meilleurs terroirs se situent sur les plateaux calcaires. Plus on descend vers la Dordogne, plus les sols alluviaux deviennent moins qualitatifs pour la viticulture de haut niveau. Château Terrasson est positionné en grande partie sur ces plateaux calcaires et également dans les coteaux molassiques orientés nord, nord-est et nord-ouest préservant une grande fraîcheur dans les vins.

 

Climat

Le climat est océanique tempéré, typique du Bordelais :

  • Influence de l'océan Atlantique : Hivers doux et étés chauds.
  • Précipitations : Environ 800 mm/an, bien réparties.
  • Ensoleillement : 2 000 à 2 200 heures/an, favorable à la maturation des raisins.

Il est modulé par la Dordogne qui joue un rôle de régulateur thermique, limitant les excès de chaleur et atténuant certains risques de gel.

 

Cépages & Encépagement

Vins rouges (seule couleur actuellement autorisée en AOP)

CépageStatutProportion typique
MerlotPrincipal~70% (dominant)
Cabernet FrancPrincipal~20%
Cabernet SauvignonPrincipal~10%
Côt (Malbec)PrincipalFaible proportion
CarménèreAccessoire< 10%
Petit VerdotAccessoire< 15%

L'encépagement est très proche de celui de Saint-Émilion, avec une domination marquée du Merlot, particulièrement bien adapté aux sols argilo-calcaires et aux climats relativement frais de la Rive Droite. Le Cabernet Franc, lui aussi très à l'aise sur calcaire, apporte structure et aptitude au vieillissement.

Et bientôt, quand tout le processus administratif sera achevé, vous découvrirez bientôt l'appellation « Côtes de Castillon blanc » !

Voir l'encépagement de Terrasson

 

Rendements

  • Rendement de base : 52 hl/ha
  • Plafond : 65 hl/ha
  • En pratique, les rendements récents oscillent entre 26 et 38 hl/ha selon les millésimes (2021-2024), témoignant d'une volonté de monter en gamme.

 

Figures emblématiques et typologie

Investisseurs de renom

L'appellation attire de grands noms de la Rive Droite :

  • Famille von Neipperg (Château Canon-la-Gaffelière) avec Château d'Aiguilhe
  • Thierry Valette au Clos Puy Arnaud
  • Silvio Denz (Château L'Evangile, Pétrus) avec Cap de Faugères
  • Stéphane Derenoncourt (consultant de renom) au domaine de l’A
  • Famille Mitjavile (Tertre-Rôteboeuf) au domaine de l’Aurage
  • Famille Bécot (Château Beau-Séjour Bécot), au château Joanin Bécot
  • Famille Janoueix (diverses branches) avec Château la Gasparde et château de Monbadon

 

Structure du vignoble

  • Superficie : environ 1 700 à 2 200 ha selon les années
  • Producteurs : environ 350 viticulteurs, dont environ 100 travaillent avec des coopératives
  • Taille moyenne des exploitations : environ 10 hectares (propriétés intimes et familiales)

Château Terrasson, avec ses 5,5 ha de vignes fait partie des micro-domaines de Castillon. Et ce qui nous a séduit dans cette appellation est le fait que la majorité des viticulteurs ont gardé l’esprit et le bon sens agricole, avec une bonne entente et beaucoup d’entraide.

 

Anecdotes & faits marquants

  1. La bataille de Castillon (1453) : L'appellation doit son nom à cette bataille décisive qui mit fin à la Guerre de Cent Ans. Chaque été, un spectacle grandiose fait revivre cet épisode historique dans une ambiance chevaleresque.
  • Le plus grand plateau calcaire de la Rive Droite : Castillon possède la plus vaste étendue de plateau calcaire de tout le vignoble de la Rive Droite bordelaise, ce qui explique la qualité minérale de ses meilleurs vins.
  • Pionnière de l'écologie : Castillon est la première appellation bordelaise à avoir installé une station de traitement des effluents vinicoles, dès le début des années 2000. Une preuve de son engagement précoce pour la préservation de la nature.
  • Le Saint-Émilion des pauvres ? : Longtemps considérés comme les « petits cousins » de Saint-Émilion, les vins de Castillon ont aujourd’hui gagné leur indépendance qualitative. Dans des dégustations à l'aveugle, certains Castillon tiennent tête à de nombreux Saint-Émilion !

 

Gérald Standley, artisan-vigneron au château Terrasson
Ingénieur agronome d'AgroParisTech, Œnologue diplômé de l'Agro Montpellier

 

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